Étiquettes

, ,

Plusieurs familles avaient exprimé à la SNCF leur souhait qu’aucun journaliste ne soit présent à la réunion organisée par la SNCF le 5 mars après-midi.

Pourtant, nous découvrions dans le Parisien, le 5 mars au matin (à huit heures), que la presse avait été informée non seulement du lieu et de l’objet de cette réunion (ces informations pouvaient certes fuiter par les personnes invitées) mais aussi du nombre de personnes présentes (or, cette information ne pouvait être connue que des seuls organisateurs – la SNCF – qui avait organisé un contrôle très rigoureux des identités des invités ayant confirmé leur présence à cette réunion).

Ainsi, tandis que la SNCF assurait aux familles des victimes qu’elle ne communiquerait pas à propos de cette réunion, la presse obtenait dans le même temps des informations que seuls les organisateurs de la réunion pouvait avoir.

Violation du secret de l’instruction

Il est intéressant de remarquer que le même article du Parisien met en cause directement une des personnes de la motrice avant (en désignant précisément sa fonction) en citant textuellement sa déposition aux gendarmes. L’article cite aussi les propos que le conducteur de la rame avait tenu aux enquêteurs lors de sa déposition : il y a donc eu une fuite des informations contenues dans le dossier de la procédure judiciaire, ce qui constitue une violation du secret de l’instruction. Le secret de l’instruction vise à préserver la présomption d’innocence ; or, on voit que des personnes – présumées innocentes – sont directement mises en cause, presque nommément. (La personne ayant rapporté textuellement des éléments du dossier enfreint donc l’art. 11, alinéa 1er du Code de Procédure pénale : « la procédure au cours de l’enquête et de l’instruction est secrète »)

Publicités