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Ce post est un point d’information sur différents aspects : l’état du jardin de « mémoire » , l’absence d’expertise de la rame, la plainte classée sans suite par la procureur.

jardin 5Les familles des victimes qui se sont rendues dernièrement sur les lieux du déraillement ont eu la mauvaise surprise de découvrir que le « Jardin de Mémoire » que la SNCF s’était engagée à entretenir, était en fait laissé à l’abandon. Huit mois après la présentation de ce jardin aux familles lors de la journée de commémoration du 14 novembre 2016, les mauvaises herbes, à hauteur de taille, dissimulent progressivement les stèles des onze morts. Nous ne les oublions pas et nous ne voulons pas voir ce lieu devenir un Jardin de l’Oubli. Nous nous souvenons que le paysagiste de la SNCF, M. Loïc Pianfetti, nous avait dit que la SNCF s’occuperait d’assurer l’entretien de ce paysage de mémoire pendant deux ans, ensuite de quoi, la commune d’Eckwersheim assurerait le soin des lieux.

En mai dernier, un an et demi après le déraillement, en réponse à notre demande que la rame 744 soit enfin expertisée, le juge d’instruction a signifié qu’il ne souhaitait pas pour le moment que la rame soit examinée au motif que ce serait « prématuré » . Il faudra qu’on nous explique pourquoi il serait encore trop tôt pour s’assurer qu’aucun problème technique de la rame n’a pu jouer un rôle dans le déraillement. Le 19 janvier, les experts judiciaires, des anciens d’Alstom, avaient été très clairs : ils refusaient d’expertiser la rame.

En mai dernier, la procureur a classé sans suite une plainte pour mise en danger de la vie d’autrui. Le fait d’inviter des passagers en grand nombre en même temps qu’on coupe le limitateur automatique de vitesse (le COVIT) ne sont-ils pas deux actes qui ont mis en danger de mort non seulement les équipes travaillant sur ces essais, mais aussi un public tout venant ? Il est clair que tous les passagers du 14 novembre 2015 risquaient leur vie, mais aussi ceux du 11 novembre et des jours précédents. La procureur a néanmoins reconnu qu’il y aurait comme une « complexité juridique » sur ce point et qu’elle y réfléchissait.

technocrate explique

Prochainement, en septembre 2017, les experts judiciaires remettront leur rapport d’expertise sur les causes du déraillement. Les parties civiles auront alors peu de temps pour en prendre connaissance et formuler des questions, des demandes de complément d’expertise ou de contre-expertise. Nous espérons bien sûr qu’il sera enfin expliqué pourquoi, malgré le freinage d’urgence, la « boîte noire » (ATESS) enregistrait une pression du frein pneumatique inférieure à ce que l’on attendait. (Pour rappel, le BEA affirmait ne pas l’avoir remarqué…)frein d'urgence

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